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En nommant Didier Deschamps à la tête des Bleus, la FFF a réglé le problème de la succession de Laurent Blanc. D'autres subsistent et pourront être réglés par le nouveau sélectionneur. Mais certains problèmes de fond sont encore à aller déterrer. Et la formation des éducateurs et entraîneurs vient en tête de liste.

Deschamps : l’arbre sorti de la forêt

C‘est donc officiel depuis hier. Didier Deschamps a succédé à Laurent Blanc à la tête de l’équipe de France. En attendant sa première liste, qui arrivera dans le mois pour le match amical de reprise du mois d’août (face à l’Uruguay), le nouveau sélectionneur a déjà marqué quelques points à l’occasion de sa première conférence de presse, annonçant notamment qu’il allait s’inscrire dans la continuité de son prédécesseur. En d’autres termes, il n’oubliera pas ce qu’il s’est passé à l’Euro : le public peut donc s’attendre à des choix qui seront forcément discutés dans les prochaines semaines. Un moindre mal pour ceux qui adorent débattre, car sur le plan du jeu, Deschamps n’arrive pas comme un révolutionnaire.

L’Euro a pourtant redistribué les cartes à ce niveau, faisant la part belle aux équipes les plus créatives avec l’Espagne et l’Italie. Si les double champions d’Europe avaient pour eux un groupe parfaitement géré et sur la lancée de ses précédents succès, l’Italie doit en partie son Euro aux choix tactiques de son sélectionneur, Cesare Prandelli. Du 3-5-2 au 4-4-2 en losange, l’ancien entraîneur de la Fiorentina a su tirer le meilleur d’un groupe pourtant jeune sur la scène internationale (seulement deux ans de reconstruction). Pour lui et son groupe, la défaite en finale marque le point de départ d’une histoire qui s’annonce plutôt belle.

Côté Français, il est déjà possible d’imaginer à quoi pourrait ressembler l’équipe de France lors de sa prochaine reprise : un gardien de but, quatre défenseurs, trois milieux de terrain dont un créateur, deux milieux excentrés et un attaquant de pointe. 4-2-3-1. Quatre chiffres qui faisaient frémir les observateurs lorsque Raymond Domenech était à la tête de l’équipe de France mais qui ne choquent plus personne après deux années sous la direction de l’ex-sauveur Laurent Blanc. Le 4-2-3-1, Didier Deschamps en avait fait son système de jeu à Marseille, alternant avec le 4-3-3 lorsque Lucho était au sommet de sa forme. Sauf improbable révolution, il fera son choix parmi l’un de ces deux schémas pour son équipe de France.

En même temps, difficile de faire le procès de Deschamps sur ce point. Un simple coup d’oeil sur la liste des candidats au poste suffit pour comprendre que personne n’aurait bousculé les habitudes tactiques des Bleus depuis maintenant six ans. Que ce soit Paul Le Guen, Francis Smerecki ou Eric Mombaerts, tous ont fait leur marotte de ces systèmes de jeu à une seule pointe. Et pour cause, ils ont été formés ainsi. Les deux derniers forment aussi les futurs éducateurs avec ces préceptes de jeu. Ces derniers ont beau ne plus avoir l’air de coller depuis que la France a perdu son dernier numéro 10, ils continuent de faire école et les remises en question ne sont pas pour tout de suite.

Souvenons-nous de Laurent Blanc, qui estimait que le 4-4-2 n’existait plus au plus haut niveau aujourd’hui. Depuis son canapé, qu’a t-il pensé de la paire formée par Antonio Cassano et Mario Balotelli à la pointe de l’attaque italienne ? A Bordeaux, le Président avait pourtant débuté avec de belles idées, mettant en place un séduisant 4-4-2 en losange mais l’abandonnant dès la première difficulté venue. A la découverte d’un real-football que Prandelli a d’ailleurs évoqué sur la RAI pendant l’Euro : “Il y a beaucoup d’entraîneurs qui viennent des équipes de jeunes avec beaucoup d’idées, mais une fois arrivé dans le grand bain, la pression les pousse à faire un compromis entre style de jeu et résultats.” Et à en croire les habitudes d’une large majorité d’entraîneurs français, le compromis signifie souvent le passage au 4-2-3-1, quelquesoit l’opposition, si ce schéma n’est pas déjà le premier choix du technicien.

Dans un football français de plus en plus uniformisé, rares sont les entraîneurs à se signaler. Malgré un schéma de jeu très classique, Rudi Garcia sort du lot par ses choix offensifs. La liberté accordée à Eden Hazard la saison dernière était remarquable. Reste à voir si l’entraîneur du LOSC se distinguera une nouvelle fois cette saison après le départ de son prodige. Du côté de Lorient, Christian Gourcuff et son inamovible 4-4-2 font office d’exception. L’entraîneur breton est l’un des rares entraîneurs français à évoluer dès qu’il le peut avec deux attaquants de pointe. Une association qui, au passage, n’est parfois même pas travaillée dans certains centres de formation de clubs professionnels…

Derniers profils remarquables en Ligue 1, ceux de Francis Gillot et Jean Fernandez, qui n’hésitent pas à tenter des coups que tous les habitués de la L1 ont pu juger risqués à l’époque. Les deux hommes ont ainsi réintroduit, chacun à leur manière, les défenses à trois en France la saison dernière. Gillot a même associé défense à trois et deux attaquants de pointe avec le 3-5-2 qui a ramené beaucoup de points à Bordeaux en 2012. De ces quatre entraîneurs choisis pour exemples, les trois derniers sont connus pour être des boulimiques de football, capables d’enchaîner les matchs de n’importe quel continent et d’ajouter ainsi des cartes supplémentaires dans leurs manches de tacticiens.

Depuis sa nomination à la tête des Bleus et jusqu’à son départ il y a quelques jours, Laurent Blanc n’a eu de cesse de vouloir remettre en question la formation des joueurs et les fameux critères de sélection chez les jeunes. Malgré leurs défauts, les joueurs issus des centres de formation français continuent d’intéresser l’Europe entière. Certains réussissent même à éclore à l’étranger sans avoir eu leur chance en Ligue 1. Dès lors, une question peut se poser : quid de la remise en question de la formation des entraîneurs ? Sclérosée par un fonctionnement opaque depuis de longues années, c’est sous doute elle qui a le plus besoin d’être dépoussiérée et modernisée aujourd’hui. Evoqués lors du paragraphe précédent, les profils capables de faire bouger les lignes sont connus. Reste désormais à motiver les décideurs…

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