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C'est un peu le serpent de mer du football parisien. Maintenant que le Qatar a débarqué à Paris pour faire entrer le PSG dans une autre dimension, l'idée d'un second club de la capitale, à visage plus humain, revient au goût du jour. Utopie ? Trois de nos rédacteurs reviennent sur Paris et son seul club de football.

Le débat – Sur le second club parisien

L’avis de Ludovic Hachet Pariselli :

“Déjà, il ne faut pas oublier que l’Allemagne ne dispose pas de grandes équipes dans sa capitale… Concernant notre beau pays, il faut prendre en considération que les meilleurs jeunes joueurs de la mégalopole parisienne partent très souvent dans des centres de formations loin de leur région natale (Auxerre, Rennes pour ne citer qu’eux). Ceci ne favorisent évidemment pas l’accession d’un autre club professionnel dans à Paris.”

L’avis de Pippo Inzaghi :

“Je crois que le problème est avant tout culturel. La France n’est pas un grand pays de football, on peut l’affirmer sans prendre de risques. Et ce manque d’interêt pour le football par rapport aux autres pays européens se traduit directement par l’affluence dans les stades. Ainsi, la Premier League anglaise accueille chaque semaine environ 15 000 spectateurs de plus en moyenne que la Ligue 1. Pour qu’un club puisse exister il faut des supporters, sont-ils assez nombreux dans la seule ville de Paris pour deux clubs ?

L’Angleterre là aussi est un exemple, Londres compte en effet 5 clubs en premier league (Arsenal, Chelsea, Tottenham, Fulham, Queens Park Rangers). Au total, les clubs londoniens représentent donc plus de 150 000 supporters, soit pratiquement 4 fois plus qu’à Paris. La culture football, peu développée en France, est essentielle pour la coexistence de deux clubs. Seulement, Paris n’a pas assez de personnes prêtes à aller au stade : le PSG les accapare toutes.”

L’avis de chaps_the_idol :

L’absence de stades privés est déjà le premier gros problème. Les clubs franciliens dépendent trop des subventions des collectivités, ces derniers n’hésitant pas à se servir des clubs pour leur promotion politique.

Ensuite, le football s’est imposé sur tout le territoire français sans exception, la concurrence y est plus rude. D’ailleurs, penser que Paris est la seule grande ville d’Europe à n’avoir qu’un seul club professionnel est une erreur, Berlin connaît la même chose et même pire puisque le Hertha fait des va-et-vient entre la première et deuxième division !

Quand le Real, le Barça, la Roma, la Lazio, la Juve, Torino, Milan, l’Inter ont des identités politiques ou industrielles fortes liés à leurs histoires, quand Londres compte des quartiers dévolus à leurs clubs alors que l’Angleterre a traditionnellement été dominé par des clubs non-londoniens – Manchester et Liverpool – avant un retour dans la capitale opéré lors de l’arrivée de l’argent dans le milieu des années 90, ces explications permettent de comprendre certaines particularités.

Enfin, ne pas oublier que Paris a compté trois grands clubs après-guerre : Red Star, Racing et Stade Français, mais aucun n’a dominé le football français : Reims, Nice, Saint-Etienne, Bordeaux, Marseille et Nantes sont passés par là. Puis est arrivé le Paris SG en 1970 construit en fusionnant des clubs franciliens pour maintenir un club de haut niveau en région parisienne sur volonté de la fédération en raison de mauvaises gestions financières et sportives, un second essai avec le Matra fin 1990 a été un désastre et depuis plusieurs dossiers de fusions/créations de clubs franciliens restent éphémères, en raison de vouloir mettre la charrue avant les boeufs en oubliant de coller une identité au club. Des financiers passent mais les clubs franciliens continuent de vivoter.

Sans doute l’instauration d’une ligue professionnelle fermée qui sera alors économiquement un bien fait à l’instar d’une NBA ou Super League permettra de voir surgir un second club parisien capable d’être viable sinon l’impasse continuera, car sans Hechter, Canal +, Colony Capital ou les Qataris qui se sont succédés, le Paris SG aurait très bien pu disparaître depuis un bon moment déjà.

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