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Elle aura accompagné l’Étoile sportive de Juvisy jusqu’aux plus hautes marches de l’excellence footballistisque, de 1971 à 1983, et avec le brassard de capitaine dès 1977. Annie Fortems se croyait pionnière, et elle l’était devenue aux yeux du grand public. C’est seulement une fois rangée des crampons qu’elle a découvert la vérité : le football féminin français ne date pas des années 1970, il remonte aux années 1920. Interview.

Annie Fortems, regard d’une pionnière sur le football féminin

Hommes à la guerre, femmes au stade

De fait, « il y eut une véritable vague de football féminin » depuis les années 1920 jusque vers 1935. Annie Fortems hasarde une hypothèse : il s’agissait peut-être là d’une conséquence indirecte de la guerre, l’absence des hommes partis au front ayant donné aux femmes un statut auparavant « imaginable pour elles ». Plus précisément, la fin de la guerre a libéré « une pulsion de vie extraordinaire », incitant les femmes à envahir les stades. Mais à la fin des années folles, « tout a repris sa place et l’on a renvoyé les femmes dans la cuisine ».

Dans l’antichambre du sport

C’est seulement depuis la Coupe du monde 2011, où a elle terminé quatrième, que « l’équipe de France est sorti de l’anonymat ». Les gens découvraient enfin le football féminin quand les filles avaient fini par « penser que ça n’arriverait jamais. »

Le grand sommeil médiatique a pris fin peu après 1998, grâce à la Coupe du Monde remportée par les Bleus sous l’égide d’Aimé Jacquet. Sélectionneur de l’équipe de France puis directeur technique national, « Aimé Jacquet a assumé de soutenir le football féminin, la parole d’Aimé Jacquet a eu du poids. Il aurait pu ne pas le faire, il l’a fait », se souvient Annie Fortems. Et de rappeler qu’au même moment, la ministre des Sports, Marie-Georges Buffet, donnait des instructions très claires afin que le football féminin ne soit plus considéré comme le parent pauvre de la France sportive.

Noms d’oiseaux

Il aura donc fallu presque quarante ans pour que cessent l’incompréhension et parfois même le mépris de la part du public et des médias. Car en 1972, se souvient Annie Fortems, « le public nous envoyait des insultes, des quolibets, des moqueries extrêmement misogynes et sexistes ». Il fallait « encaisser, accepter… et ne pas partir ! »

Une décennie plus tard, la FFF, la Ligue et les organes officiels ne faisaient « que le minimum syndical, parce qu’ils étaient obligés de le faire et d’obéir à une demande des joueuses, des autres fédérations, etc., mais au fond ils s’en foutaient totalement. » Pas comme en 2012, où l’équipe de France de football féminin espère battre, aux Jeux olympiques de Londres, des records… d’audience.

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