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Faute de pied, la faute de goût ?

Dimanche 01 juillet 2012

par emmanuelle.m

Toujours redoutée et souvent critiquée, la faute de pied refait parler d’elle, à Wimbledon. Défait au second tour face à Andy Murray, Ivo Karlovic a exprimé des doutes sur les 11 fautes de pied qui lui furent comptabilisées pendant le match. Avec en toile de fond des suspicions de tricherie.

Faute de pied, la faute de goût ?

Elle est une des erreurs les plus redoutées et les plus contestées ces dernières années dans le monde de la petite balle jaune. La faute de pied, puisque c’est elle dont il s’agit, ne perturbe plus seulement le rythme du joueur mais provoque désormais de virulentes discussions avec le juge de ligne. Cette règle est pourtant aussi vieille que le tennis lui-même, bien que depuis 1959, les joueurs n’ont plus l’obligation de garder un pied en contact avec le sol lorsqu’ils servent.

50 ans plus tard, personne ou presque ne parvient à l’accepter, certains demandant même son abrogation, à l’instar du « let » dont beaucoup remettent en cause son utilité. « Ce sont de stupides règles que quelqu’un a inventé en, je ne sais pas, 1850, et qui aujourd’hui me pose des problèmes », se plaignait Marat Safin à New York en 2008, après l’annonce contestée d’une faute de pied lors de son premier tour.

Depuis quelques années, les incidents se sont multipliés suite à l’annonce d’une faute de pied. Tout le monde garde encore en mémoire la réaction virulente de Serena Williams à l’US Open 2009, qui avait menacé la juge de ligne puis avait finalement perdu le match sur un point de pénalité, donnant la qualification pour la finale à Kim Clijsters.

A l’époque, nombreux sont ceux qui avaient remis en cause l’intérêt de signaler ce type d’erreurs, particulièrement sur un point aussi important qu’une balle de match. Les critiques n’avaient pas abouti, et trois ans plus tard, Ivo Karlovic réanime le débat à Wimbledon, après que le juge de ligne ait comptabilisé… 11 fautes de pied lors de son match perdu face à Andy Murray ! Mauvaise foi ou vraie surprise ?

Ce n’est en vérité pas tant la faute de pied mais plutôt l’augmentation de son annonce qui demeure sous le feu des critiques. Comme le révélait le New York Times l’an dernier, 500 fautes de pied ont été signalées lors de l’US Open 2009. Un an plus tard, ce chiffre est passé à 822. Une véhémence justifiée ?

« 95% des fautes de pied ne sont pas annoncées », déclarait l’ancien joueur Justin Gimelstob au New York Times. « Si elles étaient annoncées, elles seraient correctes à presque 100% ».

L’œil du faucon en juge de paix ?

La tâche semble ardue pour réconcilier les joueurs avec cette règle ancestrale, dont l’interprétation diffère d’un juge à l’autre. John Isner, peu en accord avec cette règle, propose d’ignorer les fautes de pied, sauf « si elles sont flagrantes ». Derrière cette requête, l’argument principal tient en le fait qu’elles ne procureraient pas de réel avantage.

Un raisonnement auquel n’adhère pas Patrick McEnroe, directeur du développement du tennis américain. « C’est ridicule », s’emportait-il au New York Times. « Bien sûr que vous devez l’annoncer. Même si elle ne donne aucun avantage, une faute de pied est une faute de pied ».

Le Hawk-Eye, arbitre impartial qui démêle les contentieux, pourrait permettre d’éviter certains incidents relatifs aux fautes de pied, comme le suggérait encore récemment Ivo Karlovic. L’ITF ne semble pourtant pas déterminée à le mettre en place, arguant que son utilisation perturberait le rythme du match.

L’affaire, cette année, va beaucoup plus loin. Lors de sa conférence d’après-match, Ivo Karlovic a accusé les officiels de Wimbledon d’avoir favorisé Andy Murray, bien malmené par le géant croate, afin de s’assurer qu’un « Anglais » gagnerait le tournoi. « De toute ma vie, depuis que j’ai 8 ans, il ne m’est jamais arrivé de faire autant de fautes de pied. On m’en a compté 11 aujourd’hui. Et ce n’était jamais à 30-0 ou 40-0 mais à 30 A ou dans un tie-break […] Après, ce match, ce tournoi a perdu toute crédibilité à mes yeux ».

L’accusation, grave, pourrait lui valoir une interdiction de participation au tournoi l’an prochain, comme ce fut le cas pour Jeff Tarango en 1996. Dans un contexte mouvementé – menaces de grève, polémique sur le bleu de Madrid et revendications financières – cette nouvelle controverse pourrait trouver écho auprès de certains joueurs. La balle jaune tourne-t-elle encore rond ?

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