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Le Barça entame sa mue

Vendredi 06 juillet 2012

par Florent Toniutti

Jordi Alba vient de rejoindre Barcelone. Une nouvelle pièce plus qu'intéressante pour le puzzle de Tito Vilanova.

Le Barça entame sa mue

A Barcelone, les pages ne se tournent pas, elles se juxtaposent. En choisissant Tito Vilanova pour succéder à Pep Guardiola fin mai, les dirigeants catalans avaient clairement annoncé la couleur : une année avec une seule Coupe du Roi au compteur ne justifie pas une fin de cycle. Après tout, José Mourinho et le Real Madrid s’étaient bien contenté d’ajouter une seule ligne à leur palmarès avant de rafler le titre la saison dernière. A Barcelone donc, le changement n’est pas pour maintenant. Néanmoins, apprenant certainement des erreurs de la saison précédente, Vilanova a prévu de faire quelques ajustements. Après Jordi Alba présenté cette semaine, le Barça serait ainsi à la recherche d’un défenseur central, histoire d’éviter les défenses de fortune que Guardiola avait pu utiliser la saison dernière (avec plus ou moins de réussite). Parfois évoqué, la possible arrivée d’un attaquant de pointe ne semble pas à l’ordre du jour. Et un simple revenu d’effectif permet rapidement de comprendre pourquoi.

Aux origines du Guardiolisme

Miné par les blessures et la méforme de certains joueurs, la fin de saison dernière du Barça avait vu l’échec du 3-4-3 mis en place par Pep Guardiola quelques mois plus tôt. L’absence d’Abidal derrière, la fatigue de Xavi, les blessures de Puyol et Villa, la méforme de Piqué (…) sont autant d’éléments qui ont perturbé la cohérence tactique d’un schéma de jeu extrêmement gourmand en énergie. Tirant les enseignements de cette saison, Tito Vilanova devrait refaire du 4-3-3 le schéma de jeu de la meilleure équipe de Catalogne, tout en reprenant les codes qui avaient fait le succès du premier Barça de l’ère Guardiola : la présence d’une sentinelle travaillant en complément des défenseurs centraux et l’occupation des couloirs laissées à des latéraux très forts en phase offensive. Dans cette optique, le retour au bercail de Jordi Alba offre une possibilité de rééquilibrer le jeu du Barça sur le flanc gauche, lui qui insistait surtout côté droit avec les montées de Daniel Alves.

Revenu au bercail après sept saisons, la révélation espagnole de l’Euro 2012 pourrait être le premier latéral formé à Barcelone à s’imposer dans le onze-type depuis 19 ans et les débuts de Sergi sous le maillot catalan. Et au vu de ce que l’ex-Valencien a pu montrer sous le maillot de la Roja, il possède toutes les qualités pour y parvenir. Son entente quasi-naturelle avec Andrés Iniesta a déjà posé de belles bases pour la saison à venir. La finale, qui l’a vu prendre une grande importance dans la construction de la sélection avec Xavi et Busquets notamment, plaide aussi pour son adaptation rapide au collectif blaugrana. Néanmoins, les supporters devront patienter pour le voir sous ses nouvelles couleurs puisque le joueur devrait défendre les couleurs de l’Espagne lors des prochains Jeux Olympiques (fin juillet-début août). En attendant, Vilanova pourra réfléchir à son intégration dans son XI de départ.

Un transfert et beaucoup de questions

S’il ne devrait pas casser la relation technique nouée avec Iniesta pendant l’Euro, la question du positionnement de ce dernier sur le tableau noir demeure. Sera t-il positionné sur l’aile gauche comme il a pu l’être pendant l’Euro ou récupèrera t-il un poste au coeur du jeu, devant Sergio Busquets et aux côtés de Xavi. S’il peut paraître anodin, ce choix en entraînerait d’autres. Si Iniesta se retrouvait sur le flanc gauche, quid de David Villa ? De retour en pointe El Guaje ? Alors Messi reviendrait à droite comme lors de ses débuts ? Même chose en cas de repositionnement dans l’axe du meilleur joueur du dernier Euro : dans ce cas, que faire de Cesc Fabregas qui apparaîtrait comme un titulaire intéressant au coeur du jeu avec Xavi et Busquets ?

Dans la pratique, il ne serait pas non plus impossible que Vilanova puisse associer tout ce beau monde en animant différemment ses couloirs. A gauche, Jordi Alba et Iniesta pourraient suffire et bénéficier des mouvements de Villa à la pointe de l’attaque. A droite, Messi, comme il en a toujours l’habitude, pourrait continuer à venir traîner sur l’aile pour soutenir Daniel Alves et recréer le triangle qu’il pouvait former avec Xavi. Au coeur du jeu, ce dernier pourrait justement profiter de l’activité et des déplacements de Cesc Fabregas pour s’économiser et ainsi ne pas avoir à tirer sur la corde trop tôt dans la saison. Il éviterait ainsi de traverser une fin d’exercice comme celle de la saison dernière, où il avait fini exténué. En résumé, le onze-type du Barça version 2012-2013 pourrait ressembler à ça : Valdes – Daniel Alves, Puyol, Piqué, Jordi Alba – Busquets, Xavi, Fabregas, Iniesta – Messi, Villa.

Pour une bonne gestion

De quoi démarrer sans aucun doute la saison du bon pied pour les Catalans, malgré le nouveau cycle qui s’annonce. Le retour au 4-3-3 va aussi offrir à Vilanova une profondeur de banc beaucoup plus importante au niveau du milieu de terrain. De par sa capacité d’adaptation, Mascherano apparaît comme la doublure idéale de Busquets devant la défense. Devant, le cas d’Alexis Sanchez, pourtant titulaire en puissance, n’a pas été évoqué. Mais le gros travail de Vilanova va être d’intégrer de plus en plus les jeunes lancés par Guardiola. Montoya et Thiago, qui ont déjà été appelés sous les couleurs de la Seleccion, pourraient franchir un palier cette saison, en doublant les postes de Daniel Alves pour l’un et Xavi, Fabregas ou Iniesta pour l’autre. En attendant d’entrer en concurrence (pour Montoya) ou de se muer en successeur (pour Thiago). La présence sur le banc de touche de Pedro, Tello ou Cuenca offre même d’autres solutions à Vilanova, qui pourrait décider de les aligner sur les ailes en cas d’absence de l’un de ses latéraux offensifs.

Bref, sans avoir à révolutionner quoi que ce soit dans l’effectif, l’ex-adjoint de Pep Guardiola a toutes les cartes en main pour remettre les Catalans sur le toit de l’Espagne et de l’Europe. Pour lui, tout passera pas une gestion millimétrée de son groupe, tant pour préserver ses meilleurs éléments (Xavi en tête) que pour permettre l’éclosion des nouvelles têtes sorties de la Masia.

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