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San Andrés, le saint-patron du beau jeu

Mercredi 04 juillet 2012

par lenozar

Elu meilleur joueur de l’Euro 2012, il a marqué de son empreinte un tournoi dominé par la Roja. Il ne sera sans doute jamais Ballon d'Or, la faute à Lionel Messi, mais il fait preuve d’un talent remarquable sans bruit, toujours juste et efficace.

San Andrés, le saint-patron du beau jeu

Il monte doucement les marches qui mènent vers la tribune présidentielle du stade Olympique de Kiev. Humblement, il baisse la tête et tape timidement quelques mains de supporters massés sur son chemin. Le numéro 6 de la roja, qui règne sans partage sur le monde du football depuis 6 ans déjà, lève son 3ème trophée en autant de compétitions internationales. Que de chemin parcouru par le petit Andrés pour arriver au sommet du football mondial.

Arrivé à 12 ans à la Masia, Andrés Iniesta est un pur produit de la formation catalane. Patiemment, il s’est formé en passant une à une les équipes de jeunes des blaugranas. Sélectionné pour la première fois sous le maillot de la Roja chez les -15 ans en 2000, il va cumuler les titres et sera champion d’Europe -17 ans en 2001 et –18 ans en 2002. Très précoce, il prend part à son premier entrainement avec l’équipe première du Barça en 2001, à seulement 16 ans.

Carlos Rexach, le coach de l’époque, le fait débuter en Ligue des Champions en 2002 contre Galatasaray, à tout juste 18 ans. La saison suivante, il intègre le groupe pro mais ne joue que des bouts de matchs (9 matchs en tout) sous la direction du coach néerlandais Louis Van Gaal. Il est le remplaçant de Riquelme, qui ne réalise pas une saison flamboyante, tout comme le reste de l’équipe d’ailleurs.

Longtemps dans l’ombre d’illustres coéquipiers (Deco, Ronaldinho, Giuly), le natif de Fuentealbilla va attendre son heure. Il passe ainsi du statut d’intérimaire de luxe, de “supersub” à celui d’un titulaire régulier en bénéficiant du départ de Giuly, provoqué par Rijkaard en 2007. Convoité par d’autres, il ne répondra jamais à ces sollicitations et s’acharne pour gagner sa place sous le maillot barcelonais.

Tout le monde va alors constater l’importance que prend Iniesta dans le jeu des Catalans. Il ne fait pas partie des joueurs qui ont des statistiques phénoménales (il n’a jamais atteint la barre des 10 buts par saison toutes compétitions confondues). Ce fossé entre sa grande influence sur le terrain et ses faibles statistiques caractérise parfaitement son jeu. Clairvoyant, il s’entend remarquablement avec ceux qui comme lui « sentent » et influencent le jeu (Xavi ou Messi à Barcelone mais aussi Fabregas ou Silva avec la Roja).

Conserver le ballon dans un petit périmétre s’il le faut et le faire inlassablement tourner jusqu’à ce que vienne la défaillance de l’adversaire puis lancer une banderille qui va le laisser groggy, voilà le credo de ce football espagnol incarné par Iniesta. Le geste juste et limpide, il élimine les adversaires par des dribbles ou des passes selon le sens du jeu et le besoin du moment, sans aucune exagération. Il est l’un des rares gentlemen du football actuel, jamais expulsé en carrière et rarement averti, il se place au dessus des débats rugueux imposé par certains adversaires dépassés.

Ce joueur humble ne fuit pas pour autant ses responsabilités. Quand le besoin s’en fait sentir, comme en demi-finale de la ligue des champions 2009, il peut sortir du lot par une frappe en pleine lucarne. Il a également offert le sacre mondial à l’Espagne en marquant le seul but du match conte les Oranjes en finale en 2010.

Modeste et peu enclin à s’exprimer dans la presse, il se concentre sur le terrain, sa passion. Celui qui, à seulement 28 ans, a déjà tout gagné n’est pas intéressé par les récompenses personnelles. Il a notamment déclaré qu’il ne jouait pas pour le ballon d’or. Par contre, il se verrait bien rapporter un nouveau titre de champion du Monde à l’Espagne au Brésil dans deux ans, terre de football par excellence. Voilà qui serait un beau symbole.

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